SYSTEME D (631)
Notre structure mentale, le cerveau émotionnel dans lequel nous baignons et à partir duquel nous faisons nos choix, se fabrique dès la petite enfance. Le système familial dans lequel nous grandissons a une importance capitale pour la structure de l’enfant, pour sa capacité à se construire plus ou moins droit ou de guingois. Quand on est gosse, on bricole, on fait comme on peut avec ce qu’on a, du haut de notre compréhension du monde, souvent limitée au monde de la famille. Certains sont mieux lotis que d’autres. Et pour ceux aux bases bancales, il faut se retrousser les manches pour apprendre à vivre malgré les douleurs. Quand on naît dans des familles déséquilibrées, dysfonctionnelles, où les rapports se structurent dans la violence ou au milieu d’addictions, comment pousse-t-on avec confiance en la vie ? On se démerde ! Parfois pour le pire, parfois pour le meilleur. Nous savons trop peu combien le schéma dans lequel nous avons grandi peut nous enfermer. À moins d’en prendre conscience et de tenter de nous en libérer, nous traînons nos casseroles sans comprendre ce qui nous meut. Et s’il y a tentative de réparation, quand l’enfance a été douloureuse, c’est souvent le chemin d’une vie… un long chemin , fait d’avancées et de trous, d’obscurités profondes et de moments lumineux. C’est cette tentative pleine d’à-coups qui est
riche et belle. C’est celle-là que nous pensons valoir la peine de raconter. Système D, qui émerge grâce à la lecture du premier roman de Lize Spit, Débâcle, est le nouveau spectacle d’histoires publiques. Il se penche sur les relations intra-familiales et leurs conséquences pour l’enfant et l’adolescent·e aux portes de la puberté. C’est à la question des rapports humains que nous touchons aujourd’hui : comment la relation à l’autre nous crée, nous façonne.
Avec ce spectacle, nous mettons à jour des rapports de force qui naissent dès l’enfance et s’accentuent à
l’adolescence. Nous affirmons aussi qu’un chemin de résilience est possible. Nous espérons que les jeunes — et moins jeunes — comprendront qu’on peut parler, dire, faire sortir de soi, trouver de l’aide. Et qu’en transcendant ce qui nous est arrivé, par la parole, par l’art, par la rencontre ou tout autre moyen d’expression et de partage, on peut s’en sortir.